Les cavales d'Angelo Macri & Giuseppe Polimeni ('ndrangheta)
En 1956 et 1962, la capture de 2 membres présumés de la 'ndrangheta va faire la une de la presse des 2 côtés de l'Atlantique. Au delà du côté "sensationnel" ayant conduit à la fuite des 2 individus, leurs cavales permets de voir les connexions entre les Mafia en Amérique & Italie et du réseau de criminels Calabrais opérant à ces endroits.
La Cavale d'Angelo Macri
Le premier des cas est celui d'Angelo Macri originaire de Delianuova. Il est bien connu avec ses trois frères, Rocco,Giuseppe & Giovanni pour être les auteurs de larcins et pour terroriser la région. Il sont notamment en cavale pour une série de règlements de comptes avec deux bandes rivales menées par les dénommés Giuseppe Pinneri et Francesco Lionello.
Si Angelo est un peu moins connu que ses frères à ce moment là, il n'en est pas moins un redoutable tueur puisqu'en février 1951 il compte pas moins de 6 mandats d'arrêts à son encontre, notamment un pour avoir tué un berger nommé Antonio Madafferi. Crime pour lequel il est condamné à 30 ans de prison par contumace.
En juillet 1951, il se rend dans une banque de Palmi, se présente et demande 3 millions de lire au guichetier qui lui remet la somme demandée et repart en le remerciant. Le tout sans avoir été armé...
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| Angelo Macri |
Durant cette période, Giuseppe & Rocco sont arrêtés (ils seront d'ailleurs condamné à perpétuité). Reste Giovanni qui a réussi à s'échapper et qui se cache dans la grange d'un berger nommé Leo Palumbo à Mastrogiovanni. Il est dénoncé par un pasteur nommé Francesco Papalia qui reconnait Macri après qu'il soit venu lui demander de lui acheter cigarettes.
Le 3 juillet 1951, les carabiniers sous les ordres du maréchal Antonio Sanginiti, encerclent la grange. S'en suit une fusillade où sont abattus Macri & Palumbo.
A la suite de la fusillade une rumeur commence à prendre de l'importance: Giovanni aurait été exécuté dans son sommeil. De plus, le maréchal Sanginiti aurait ordonné au gardien du cimetière de Delianuova d'enterrer Macri & Palumbo à même la terre sans cercueil. (à noter à ce propos qu'entre temps le gardien du cimetière s'est rétracté sur cette version)
Le 1er septembre 1951, Angelo Macri va donc appliquer une sanglante vengeance. A 10h du matin, alors qu'il se trouve avec des amis dans un bar via Corso Umberto I à Delianuova, le maréchal Sanginiti est abattu par Macri de 4 à 6 coups de feux. Toujours avec le même caractère froid que lorsqu'il a braqué la banque de Palmi, Macri aurait déclaré aux amis du maréchal avant de repartir, qu'il "s'excusait d'avoir gâché leur fête"
Plus tard la même journée, Macri se rend au sanctuaire de la Madonna di Polsi sur un plan que lui a fourni sa mère Carmela. Francesco Papalia y tient un stand pour ravitailler les participants à la fameuse procession qui a lieu du 8 aout au 1er septembre. La procession est par ailleurs est maintenant célèbre pour être un lieu de rencontre pour les principaux chefs de la 'ndrangheta qui s'y réunissent afin de prévoir leurs futurs plans... Le 26 octobre 1969, la police Italienne avait d'ailleurs démantelée une réunion de la 'ndrangheta se déroulant dans les environs...
Papalia est lui aussi abattu de 6 balles (selon certains articles, certains projectiles auraient été tirés directement dans la bouche de Papalia).
Une importante chasse à l'homme est organisée afin de retrouver Macri qui s'est réfugié dans les hauteurs de l'Aspromonte. A l'occasion de son futur procès il raconte qu'il a été hébergé et nourrit par des par des bergers.
Après les perquisitions d'usage, 27 personnes sont inculpées. 116.000 lires ainsi que deux cartes d'identité aux photos falsifiées sont retrouvées chez Giovanni Versace & Giasone Boria, deux amis de Macri. Mais après 18 mois d'enquête, les charges contre les 27 individus sont abandonnées et Macri reste introuvable.
Macri s'est en effet fait la malle en direction des USA. Il est établi qu'avant de rejoindre les USA, il est passé par la France car sa soeur Caterina y vit et est mariée avec un Calabrais vivant au Cap d'Antibes.
Après au moins 2 allers-retours entre la France et la Calabre, Macri serait finalement parti en février 1953 à Cherbourg où avec l'aide d'un marin il aurait pris un bateau pour arriver aux USA novembre de la même année.
Le choix de destination des USA n'est également pas dû au hasard car Angelo a un autre frère, Francesco, qui y vit. Il est également à prendre en compte qu'un réseau de malfrats Calabrais s'est mis en place dans les régions de NY, la Pennsylvanie et l'Ohio et Macri. Malgré le peu d'infos disponible sur les détails de sa cavale, va sans aucun doute y bénéficier.
Dans le courant des années 1960, un informateur de l'Ohio (probablement de Youngstown ou de ses environs, ville où était justement active une cellule de l'Onoratà Società menée à ce moment là par Domenico Mallamo) explique qu'il a eu une conversation avec un dénommé Frank Mezztatesta de Kent, Ohio où il est question de Macri:
L'informateur dit à Mezzatesta qu'il a entendu dire que son neveu, Anthony Madafferi, était recherché pour meurtre en Italie. Mezzatesta lui explique qu'il confond avec Angelo Macri. Mezzatesta dit que Macri serait passé par le Canada avant d'arriver à Kent où il a justement séjourné 2 mois chez lui.
Mezzatesta explique que Macri lui a dit que son frère (Giovanni) était recherché par la police et qu'ils (la police) l'auraient abattu pendant qu'il dormait et ajoute "ils avaient tué son frère alors qu'il avait les yeux fermés, et qu'il les tuerait alors qu'ils avaient les yeux ouverts et le regarderait".
A noter que selon l'informateur, Mezzatesta est quelqu'un de très respecté dans l'"Organization" (Cosa Nostra ? Mafia Calabraise ?) et quelqu'un à qui l'on peut faire confiance. Mezzatesta est notamment réputé comme étant très proche de James Amato, membre de la Famille de Philadelphie basé à Shenandoah.
Amato est bien connu pour sa participation à triple meurtre à Phiadelphie en 1938 et pour avoir assisté aux funérailles de Albert Anastasia
Mezzatesta aurait aidé financièrement Giuseppe Pindelli (ou Pandelli) de Pittsburgh avec Anthony Ripepi de Pittsburgh, James Tripodi de Steubenville et Frank D'Agostino de Cleveland, alors que Pindelli avait de "petits ennuis".
Il est également rapporté qu'avec son neveu il connait très bien Dominic Moio de Youngstown.
Le 17 janvier 1956, Angelo Macri est arrêté à Seneca Falls situé l'état de New York par les services d'immigrations du bureau de Buffalo. Il est arrêté alors qu'il utilise le nom de Dominick Ferrara et qu'il s'apprêtait à rendre visite à un dénommé Giovanni "John" Sinicropi habitant au 34 Green Street.
Sinicropi est également arrêté mais clame ne connaitre à peine Macri qu'il ne connait que sous le nom de Ferrara et qu'il a auparavant travaillé avec lui dans le New Jersey.
| Angelo Macri arrêté à Seneca Falls le 17 janvier 1956 |
Bien entendu Macri dément être l'individu recherché pour meurtre en Italie, mais il aurait confié à l'un de ses compagnons de cellule de la prison d'Erie qu'il était bien Angelo Macri (ce sera de toute façon confirmé quelques semaines plus tard par la police Italienne).
Confronté à son compagnon de cellule, l'enquêteur demande à Macri si il a quelque chose à lui demander. Macri dit que non, se retourne ensuite vers lui et lui dit "I'll kill you" [je vais te tuer].
De plus, si officiellement Macri n'assume pas, officieusement il déclare à 2 des enquêteurs du service d'immigration qu'il est bien l'homme recherché et leur dit qu'il est l'auteur du double meurtre du 1er septembre 1951.
Macri ne fait pas appel de la décision de l'expulser vers l'Italie, et c'est chose faite le 24 février 1956 où il est débarqué à Naples et envoyé à la prison de Poggioreale en attendant son procès.
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| Angelo Macri lors de son arrivé à Naples le 24 février 1956 |
Le procès s'ouvre finalement le 27 octobre 1960 et se termine le 16 novembre. Rien de plus n'en sort que ce que l'on savait déjà et Macri écope sans surprise d'une condamnation à perpétuité.
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| Macri lors de l'ouverture de son procès le 27 octobre 1960 |
La cavale de Giuseppe Polimeni
En décembre 1962, un membre présumé du gang d'Angelo Macri nommé Giuseppe Polimeni se fait arrêter en Californie après une longue cavale. Polimeni est recherché pour son implication pour un meurtre commis à Archi, un quartier de Reggio Calabria le 26 juin 1948.
Lors d'une audition suivant son arrestation Polimeni explique en substance ceci (inutile de préciser que tout ceci est à prendre avec des pincettes):
-Si il a bien été présent au moment du meurtre de Giuseppe Pratico, il n'y a en revanche pas participé directement et à choisi de partir en cavale de peur de ne pas subir un traitement équitable par la justice Italienne.
-Selon lui, Pratico était un voleur bien connu réputé pour son tempérament violent. Pratico aurait volé la mule de l'une de ses connaissances, un dénommé Gunta, marchand d'huile d'olive ayant bonne réputation. La mule servait à Gunta pour livrer son huile d'olive.
-Alors que la police commençait à remonter jusqu'à lui, Pratico aurait proposé un marché à Gunta: contre une somme d'argent, Gunta devrait dire lors de son interrogatoire que Pratico avait obtenu la mule par le biais du marché public, afin qu'il puisse être disculpé.
-Un dénommé Carlo Legato, ami de Polimeni, est chargé d'être l'intermédiaire entre Pratico & Gunta.
-Polimeni qui exerce à ce moment là le métier de boucher à Gallico explique, que le jour du meurtre il était présent à la rencontre avec Legato, Pratico & Gunta. Legato lui aurait demandé d'être présent en tant que témoin du règlement de la dispute.
-Selon lui, Legato aurait abattu Pratico après que ce dernier ait attaqué Legato & Gunta. Il ajoute que Legato a en temps normal un tempérament très calme et amical, bien qu'il ait déjà purgé dans le passé une peine de prison pour meurtre alors qu'il avait 19 ans.
[selon un article de La Stampa parût le 2 aout 1963, le corps de Pratico aurait ensuite été brûlé et jeté à la mer]
-Enfin, détail qui aura toute son importance plus tard, Polimeni explique que Pratico n'était qu'un petit criminel au tempérament violent et qu'il ne pense pas qu'il ait une quelconque relation avec le crime organisé.
Polimeni répond à la négative et de façon très nerveuse et agitée quand les enquêteurs lui demandent si il a lui même des connexions avec le crime organisé en Italie et en Amérique. D'ailleurs il se ferme complètement lorsque les enquêteurs Américains lui exposent les éléments dont ils disposent sur les faits qui lui sont reprochés en Italie.
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| Giuseppe Polimeni au mois d'aout 1963 |
Polimeni explique qu'avant de rejoindre les USA en 1953, il s'est caché dans les collines de Calabre, travaillait comme bucheron avec ses frères et qu'il changeait sans arrêts de locations afin d'éviter d'être repéré. Il ajoute que lettres et messages lui parvenait par l'intermédiaire de parents et amis.
Selon une note du service d'immigrations Polimeni serait arrivé aux USA le 19 septembre 1953 à bord du SS Eugenia C après avoir payé 100.000 lire afin d'entrer dans le pays. Il aurait dans en premier temps transité du côte de Philadelphie.
Des notes du consulat Italien de New York transmises aux autorités Américaines, stipulent que Polimeni, n° Interpol 10/29146, est individu recherché en Italie pour conspiration en vue de commettre un meurtre.
Les fiches indiquent que Polimeni est un associé d'Angelo Macri et que Polimeni a travaillé à la boulangerie de Don Calarco à Seneca Falls entre octobre et novembre 1953. Il aurait logé au 34 Green Street chez Giovanni Sinicropi, l'individu que devait rencontrer Angelo Macri le jour de son arrestation.
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| Don Calarco, l'employeur de Polimeni en octobre-novembre 1953 |
Durant cette période, il est reporté que Polimeni a travaillé du 7 décembre 1953 au 14 novembre 1955 en tant que repasseur au sein de Fashion Park Inc au 432 Portland Avenue à Rochester (état de New York). Membre du syndicat des travailleurs de l'habillement de Rochester, il utilise la fausse identité de Mario C. Spina, alias qu'il utilisait aussi lorsqu'il était à Seneca Falls.
Durant son passage à Rochester, Polimeni vivait avec un dénommé Joseph Gallo (non, pas Crazy Joe). Il était également en relation avec Giuseppe Moscato, lui aussi membre présumé du gang de Macri, et lui aussi en cavale pour son implication dans un meurtre: le 3 septembre 1953 il aurait abattu un dénommé Salvatore Moreno à Orti.
Moscato se fera d'ailleurs arrêter le 3 juillet 1960 à Chicago puis expulser vers l'Italie où il est assigné à résidence durant 2 ans au nord de l'Italie. Il aurait probablement dû y rester puisqu'il est assassiné le 4 septembre 1977 à Reggio Calabria, probablement dans le contexte de la "Prima Guerra di 'ndrangheta" qui fait rage à ce moment là.
Lors d'une de ses futures auditions après son arrestation en décembre 1962, Polimeni confirme qu'il connaissait Moscato lorsqu'il était en Calabre et qu'il le côtoyait lorsqu'il était à Rochester. Cela dit, il est difficile de le nier puisqu'il sera retrouvé dans ses affaires une photo de lui avec Moscato & Gallo
Polimeni est arrêté le 20 juillet 1955 par les services d'immigrations sur son lieu de travail, la Emkay Trouser Company située au 692 Broadway, New York. La raison la plus probable de son arrestation est qu'il a obtenu en 1955 une carte de sécurité sociale avec son vrai nom
Il est libéré sous une caution de 2.000$ posée par Emlia Polimeni vivant au 1318 64th Street, Brooklyn, adresse qui se trouve être celle de sa tante, Anna Polimeni.
Son audience est prévue le 14 novembre 1955, mais il ne s'y présente pas.
Le nom de Polimeni ne refait surface qu'en 1962 alors qu'il utilise l'identité de John Ripepi et qu'il travaille dans la pizzeria "Pietro's" de Vacaville, Californie, appartenant à Pietro Murdaca.
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| Pietro Murdaca, l'employeur de Polimeni à Vacaville en 1962 |
Note: juste pour être clair sur un point, bien qu'ayant été ses employeurs, rien n'indique que Don Calarco ou Pietro Murdaca aient été impliqués dans une quelconque activité criminelle.
Le 5 novembre 1962, un informateur confidentiel de San Francisco informe le FBI qu'Angelo Marino, caporegime de la Famille de San Jose, s'est vu remettre un contrat pour éliminer un dénommé John Ripepi. Ce Ripepi, Polimeni donc, aurait tué 5 ou 6 ans auparavant un membre de Cosa Nostra.
L'informateur précise que peu après le meurtre, Ripepi aurait pris un bateau pour rejoindre les USA et après être passé par plusieurs villes serait arrivé à Vacaville depuis environ 9 mois où il travaillerait à "Pietro's".
Ripepi ne serait pas un "homme d'honneur" mais aurait été identifié par la Cosa Nostra de la Côte-Est comme étant le tueur. Ripepi se trouvant dans la région du nord de la Californie, le contrat est donc confié à Joseph Cerrito qui lui même le délègue à son caporegime Angelo Marino.
Ce point est crucial, car si c'est le cas (et tout porte à croire que ça l'est), cela impliquerait que Giuseppe Pratico était un membre de Cosa Nostra en Calabre. On sait grâce à Tommaso Buscetta & Antonio Calderone que Cosa Nostra n'avait pas de Famille en Calabre, du moins avant 1957/1958, mais qu'elle intronisait à titre occasionnel certaines personnes de la 'ndrangheta, tels qu'Antonio Macri de Siderno ou Girolamo Piromalli de Gioia Tauro.
Autre point important, si Polimeni était lui même un membre de la 'ndrangheta, son appartenance à l'Onoratà Società Calabraise n'a pas l'air d'être reconnue par ses pairs Siciliens et Américains, ou en tout cas ne le met pas à l'abri d'une peine de mort à son encontre.
Selon l'informateur, Cosa Nostra tenait absolument à "avoir" Polimeni avant la police et que selon Marino "le contrat était ouvert et que n'importe qui exécutant le contrat serait bien récompensé par l"Organisation" de l'Est"
L'informateur explique que Marino a envoyé Frank Sorce, Domenick Anzalone, Joseph Genovese & Alex Camarata à Vacaville afin qu'ils repèrent les habitudes de Polimeni.
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| Angelo Marino, capo de la Famille de San Jose |
Mais le contrat ne sera jamais exécuté puisque Polimeni se fait arrêter avant, le 18 décembre 1962.
Le 11 décembre 1962, George Zamlich, officier de l'INS (les service de l'immigration) reçoit un tuyau anonyme lui disant qu'en dénommé John Ripepi à Vacaville est un émigré clandestin.
Il est questionné le lendemain à la pizzeria Pietro's par les officier de l'INS qui le somme de fournir la preuve qu'il n'est pas un clandestin.
Ce jour là se trouve à la pizzeria un dénommé Carmelo Manto et sa femme, propriétaires du cabaret-opéra Lastrada au 3000 Feliz Boulevard à Los Angeles, qui prennent la défense de Ripepi en expliquant qu'il n'était pas un émigré clandestin et qu'ils l'avaient même employé quelques mois avant qu'il ne rejoigne Vacaville.
10 minutes après la fin de l'entrevue avec les agents de l'INS, Ripepi part avec Manto et sa femme qui le conduisent à la banque puis à son domicile. Ripepi revient ensuite au "Pietro's" et explique à Murdaca qu'il doit se rendre à Los Angeles pour la journée mais qu'il revient de toute façon le lendemain.
Ce qui n'arriva pas puisque Polimeni s'est en fait fait la malle et a retiré toute ses économies, 300$. Interrogé, Murdaca explique aux enquêteurs que quelques jours avant, Ripepi (Polimeni), lui avait dit qu'il comptait se rendre à New York afin de régler des problèmes familiaux et il était possible qu'il ne revienne pas.
Vérification faite, Polimeni ne reviendra pas puisqu'il a même laisser toute ses affaires emballées dans des valises qu'il a laissés dans son appartement. Du moins son vrai appartement puisque l'adresse qu'il avait donné aux agents de l'INS était fausse.
Comme la première dénonciation anonyme n'a pas fonctionné, le mystérieux dénonciateur qui se fait cette fois appeler "George Garcia", décide le 15 décembre de donner un nouveau coup de pouce à l'INS et indique que Ripepi loge au Delta Hotel de San Francisco, ce qui ne donnera rien.
Le 17 décembre, décision est faite d'effectuer une fouille approfondie de l'appartement de Ripepi à Vacaville afin de trouver d'éventuels indices. Les agents trouvent des papiers au nom de Ripepi mais surtout des certificats de naissance au nom de Giuseppe Polimeni, né 3 juillet 1924 à Orti
Comme deux appels anonymes ne suffisent pas, un troisième est donné dès le lendemain, le 18 donc, cette fois par quelqu'un qui se fait appeler "Paul Lombardi", indique de Ripepi est enregistré à l'Ambassador Hotel de San Francisco sous le nom de Dominick Macheda.
Polimeni est arrêté le jour même dans la chambre 308.
Précision concernant les appels anonymes dénonçant Ripepi: les appels de George Garcia & Paul Lombardi (qui sont sans aucuns doutes la même personne) ont tout deux été passés depuis San Jose. L'explication ne viendra que quelques années plus tard à la suite d'un article parût dans Life Magazine consacré à la Famille de San Jose parût le 15 mars 1968.
Un peu plus tard cette même année, Frank Bompensiero, ancien capo du crew de San Diego pour la Famille de Los Angeles, a une conversation avec Santo Trafficante, boss de la Famille de Tampa, Floride, à propos du dit-article.
Bompensiero explique que vers 1963-1964 (c'est en fait 1962), Angelo Marino l'a contacté à propos du contrat sur Polimeni afin de lui demander des conseils et éventuellement s'en charger. Bompensiero refuse en car il sort de prison et qu'il est en libération conditionnelle. Il conseille toutefois à Marino de charger quelques "fidèles soldats" afin de s'en occuper.
Mais Bompensiero apprend quelques temps plus tard que la cible du contrat a été arrêté par les agents de l'INS et suspecte Marino d'être l'auteur des coups de fils anonymes. Il apprend même après avoir discuter avec Marino que ce dernier était en contact avec Polimeni au moment où le contrat a été lancé.
Ironiquement, l'informateur de San Francicsco qui a alerté en premier le FBI à propos de cette affaire confirme également que Marino s'entendait très bien avec Ripepi/Polimeni
Bompensiero confirme également que c'est Joe Cerrito qui a donné le contrat à Angelo Marino
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| Frank Bompensiero |
Après plusieurs interrogatoires rocambolesques où il explique entre autre qu'en tant que Ripepi il a connu Polimeni aux USA mais qu'il ne lui faisait pas confiance, et ne pouvant plus nier l'évidence, Ripepi finit par avouer le 27 décembre 1962 qu'il est bien Giuseppe Polimeni.
Il nie en revanche farouchement être l'auteur du meurtre de Pratico, avoir un quelconque lien avec la mafia ou connaître Angelo Macri.
Il concède en revanche connaître Giovanni Sinicropi qu'il a connu à Senaca Falls.
Outre la photo de Polimeni en compagne de Moscato & Gallo citées précédemment, parmi les effets personnels trouvés précédemment chez lui, sont retrouvés entre autre des lettres de sa compagne Gionnina Tripodi datant de 1950-1951 indiquant que la police le recherchait activement en Italie.
Des lettres de Giuseppe Gallo & Pasqualino De Angelis de Rochester, ainsi qu'une lettre adressée à Giuseppe Moscato signée "Antonio" sont également retrouvées.
Le 2 janvier 1963, l'informateur de San Francisco indique que Angelo Marino a annulé le contrat sur Polimeni.
Le 7 janvier, Polimeni plaide coupable d'avoir faussement revendiqué la citoyenneté Américaine et est condamné le 23 janvier suivant à 3 ans d'emprisonnement. Les conditions de son emprisonnement stipulent qu'il peut être libérable sur parole à tout moment afin d'être expulser vers l'Italie pour être juger. Polimeni avait été condamné par contumace à 11 ans de prison.
Le 14 février il est transféré de la prison de San Pedro à la prison de Leavenworth dans le Missouri
Le 1er aout, Polimeni arrive en Naples à bord du Cristoforo Colombo (voir photo plus haut).
Malgré mes efforts, je ne trouve plus de traces de Polimeni après cela, ni de son éventuel jugement.






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